Icek Lejzor HUBERMAN convoi 6 par son petit-fils Michel HUBERMAN

Né en Pologne à Pulawy en 1900 - pratique pour calculer l’âge - mon grand père, Icek Lejzor HUBERMAN, est venu s’installer à Paris en 1927. Après un voyage seul où il a retrouvé  plusieurs membres de la famille de sa femme Sura née SZYKMAN déjà installés en France, il a fait venir plus tard sa femme et son fils Abram Abus, mon père, âgé de 3 ans.

Il est cordonnier et travaille dur pour gagner l’argent du ménage d’abord chez un collègue installé, puis se met à son compte dans différentes échoppes. La famille s’agrandit d’une fille, Renée, en 1932.

A l’aube de la guerre, ils vivaient dans un deux pièces, au 191 rue de Crimée où ils se sont installés en 1933. A la déclaration de la guerre, c'est-à-dire dès 1939, il s’est engagé dans la Légion étrangère. Son régiment était engagé à Villers-Cotterêts et il a été démobilisé en octobre 1940.

Le 14 mai 1941 il se rend « confiant » à la convocation de la police française. Il n’en revient que 4 ans plus tard. Il est interné à Pithiviers jusqu’au départ du convoi 6, sous la garde zélée de la gendarmerie nationale ; des visites seront refusées à son fils repartant bredouille pour Paris.

Après Auschwitz Birkenau, la marche de la mort le conduira à Mauthausen puis à Wells (Autriche) d’où il sera rapatrié mi-mai 1945. Son retour à Paris n’a pas été de tout repos ; il a été  notamment sauvé par son fils qui l’a forcé à se faire soigner à l'hôpital. C’est dans cette phase qu’il a raconté à son fils ce qu’il a vécu. Plus tard, il n’en parlera plus.

Il a attribué sa survie à sa petite taille et donc à de moindres besoins en calories. La solidarité a compté aussi pour lui, « toujours prêt à partager un morceau de pain ou un peu de soupe » comme en a témoigné un de ses compagnons d’infortune, ... et bien sûr la chance.

Il est resté tout de même de santé fragile, principalement du cœur, un nième infarctus le terrassant peu avant ses 83 ans.

Le cours de la vie a repris dans le même appartement du 191 rue de Crimée. Il verra le mariage de ses deux enfants qui lui donneront trois petits-enfants et même le mariage d’un de ses petits-enfants.

Il disait : « les enfants c’est le capital et les petits-enfants les intérêts ». Alors quelle ne fut pas sa fierté de connaître une arrière petite-fille qu’il tint fièrement dans ses bras à son premier anniversaire.

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