Informations sur Abraham André Balbin convoi 4

André (Abraham) Balbin est né le 12 mai 1909 à Tomaszow (Pologne). Il était le fils de David Mordechaï Balbin et Leah Rachel née Kolerstein. Il était le benjamin d'une fratrie de sept enfants: Nelly, Mindel, deux jumeaux Israël et Régine, Samuel et Dora. La famille s’est installée en Lorraine dans les années 20. André s'y est installé en 1927. Ils vécurent chez la sœur d'André, Régine et son mari Henri (Haskel) Kolerstein, au 96 rue Notre-Dame à Nancy (Meurthe-et-Moselle). André était tailleur. Son frère Szmul (Samuel) est parti combattre dans les brigades internationales en Espagne.

Pendant la guerre, André et sa famille se sont réfugiés dans le sud-ouest, à Branne (Gironde). Ne trouvant pas de travail André et Szmul retournèrent à Paris et organisèrent  un commerce parallèle de tissus fabriqués dans les Vosges avec leur beau-frère Henri Kolerstein. André a été arrêté pour défaut d'Ausweis en gare de Langres alors qu'il se rendait à Nancy pour affaire. Il a passé une semaine en prison à Langres, et une semaine à la prison de Chaumont où selon le fichier des condamnations (Archives de Brinon) le motif consigné est : 16 septembre1941 passage à travers ligne militaire. Il est retourné à Paris où il a logé 24 rue Julien Lacroix dans le 20ème arrondissement. Il a distribué des tracts et des numéros du journal clandestin « Notre Parole » à Paris et à Nancy. André a décidé de tenter de passer en zone libre mais il a été arrêté lors d'une rafle le 17 décembre1941 par la police française à Paris dans un café pour défaut d'ausweis, son adresse sur ses papiers étant toujours à Nancy. Il a reconnu être Juif. Il est conduit au dépôt de la Conciergerie, puis à la prison de la Santé. Il a été condamné pour séjour illégal dans la capitale à trois mois de prison à Fresnes jusqu'au 15 février 1942 où il a été transféré à la prison des Tourelles. Libérable selon la préfecture mais n'ayant pas récupéré ses papiers, il a été directement transféré à Pithiviers le 21 mars 1942.

Il a été déporté à Auschwitz par le convoi 4 parti de Pithiviers le 25 juin 1942. Il portait le matricule 41796 à Auschwitz. Il a été affecté au Sonderkommando. Puis il a été transféré à Eintrachhutte, puis de nouveau à Auschwitz, puis à Buna. Il s’est évadé pendant les Marches de la Mort le 17 mai 1945. Sa fiche Drancy (AN F/9/5678) précise qu'il a été libéré le 8 mai1945 à Hirschberg par les Russes, et rapatrié à Paris le 12 juin 1945. Un certificat lui a été remis le 12 juin 1945. Le trajet s'est effectué de Hirschberg à Prague à pied, puis de Prague à Bamberg en train, puis de Bamberg via Francfort en camion jusqu'à Longuyon, de là en train jusqu'à Nancy, où il a retrouvé son frère Israël qui lui a confirmé la déportation des autres membres de la famille : leurs parents ont été déportés avec leur sœur Régine, son mari et leurs enfants Bernard, Eva et Betty par le convoi 42. Son frère Szmul Balbin a été fusillé comme otage au Mont-Valérien le 21 février 1942.

André s'est marié avec Julie-Anna dite Juliette née Brau. Ils ont eu un fils Daniel et une fille Liliane. Avec son épouse ils ont fait partie du personnel d'encadrement de la colonie de vacances de la C.C.E. de Celles-Sur-Plaine (Vosges) dans les années 1956-1961. André Balbin a écrit son témoignage « On tue pour apprendre à vivre » en 1986 (disponible sous la cote 3.18051), texte publié en 1989 sous le titre De Lodz à Auschwitz : en passant par la Lorraine (2.18768). Il a été filmé également. André Balbin en est décédé à l'âge de 94 ans le 11 septembre 2003 à Nancy.

 

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